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Deuxième réponse à l'imbécile de Rebelles.info



C'est un mensonge classique,  et un sophisme manifeste et grossier  du pseudo-nationalisme grand-serbe,  que d'essayer
de faire croire  que le fédéralisme yougoslave  aurait été une invention "communiste". 
L'idée yougoslave,  C'EST-A-DIRE l'idée d'une association volontaires de peuples égaux  en Droit est née au moins
un siècle  avant la déclaration de l'AVNOJ du 29 novembre 1943 (pour ceux qui savent ce que c'est)  parmi les peuples
slaves du sud  de l'empire des Habsbourg,  en particulier chez les Croates qui y étaient les plus nombreux. 

L'effondrement de la première Yougoslavie,  dénaturée  en une espèce de Grande Serbie  par le pouvoir autocratique
d'Aleksandar 1. Karađorđević,  puis par les putschistes du 27 mars 1941 essentiellement hostiles au Sporazum du 26
août 1939 (pour ceux qui savent ce que c'est)  avait bien montré  que s'en tenir  à cette inspiration initiale  était
la seule manière  de maintenir ensemble ses peuples  en mettant fin aux immenses massacres  que les Oustachis et les
Tchetniks  avaient entrepris dès avril 1941. 

Tito n'a pas imposé  le fédéralisme  à la Yougoslavie parce qu'il était communiste :  il a pu y prendre le pouvoir
et l'y garder  parce qu'il avait résolument pris parti pour l'idée fédérale qui était à son origine,  ralliant
aussi bien les Croates que les Serbes de la NDH (pour ceux qui savent ce que c'est)  qui n'étaient pas  communistes
mais voyaient dans ce parti-pris-là  le moindre mal qui pourrait mettre fin aux conflits entre ses peuples.  

Et c'est pour que la fédération yougoslave puisse tenir ensemble  que Tito  a défini les frontières de ses huit
entités constitutives en tenant compte  de leur histoire  institutionnelle  comme de leur composition nationale : 
c'est pour cela qu'il a défini l'état millénaire  de Croatie  comme légèrement plus petit que ses frontières historiques
de 1918 ; c'est pour cela qu'il a reconnu l'état multiséculaire de Bosnie-Herzégovine,  et qu'il a créé le Kosovo
et la Macédoine --et c'est un autre mensonge  que de prétendre qu'il aurait "arraché" à la Serbie le Kosovo et la
Voïvodine :  légalement ni l'un ni l'autre  n'en faisaient partie,  et il les y a au contraire RATTACHES, AUX CONDITIONS
posées  par la Constitution fédérale.
Et son seul tort à cet égard n'a pas été  de rejeter le pseudo-nationalisme grand-serbe mais de ne pas l'avoir réfuté
ni réprimé  avec autant de violence qu'il l'avait fait du pseudo-nationalisme oustachi,  puisque c'est encore lui
qui a détruit sa seconde Yougoslavie,  comme il avait détruit la première.

Si les Français ne comprennent pas que la Yougoslavie  ne pouvait pas fonctionner comme une grande Serbie,  ce n'est
pas seulement dû au bourrage de crânes de la III République :  c'est aussi parce qu'ils perçoivent comme "normal"
l'aspect jacobin du pseudo-nationalisme grand-serbe,  et qu'ils ne savent rien de sa confusion d'origine ottomane, 
inspirée par l'idée de la Oumma,  entre l'identité politique  et l'allégeance religieuse.  Alors  ils ont été
aveugles au fait que c'étaient les Serbes qui détruisaient la Yougoslavie, et surpris par leur nettoyage ethnique,
qui est le seul moyen d'exprimer ces deux aspects-là à la fois.

Pour les autres il aurait dû être évident que les Serbes étaient,  avec les Bosniaques,  le seul peuple de Yougoslavie
qui avait intérêt au maintien de la Yougoslavie dans ses frontières de l'époque, et tout aussi évident que la seule
manière d'y parvenir était de respecter les Droits nationaux  reconnus par la Constitution de 1974,  tout en renonçant
à son "socialisme autogestionnaire". 

Cela aurait certes forcé les Serbes  à travailler pour produire  au lieu de vivre en parasites des autres peuples
dans l'appareil communiste d'état,  mais les inspirateurs de cette Constitution, les Serbes libéraux Marko Nikezić
et Latinka Perović,  n'étaient pas assez racistes anti-serbes  pour les en croire incapables.  Ceux qui étaient assez
racistes  pour cela,  c'étaient les pseudo-nationalistes grand-serbes, et leur champion communiste jusqu'en octobre
2000,  Slobodan Milošević.

C'est pourquoi les pseudo-nationalistes grand-serbes,  exprimant un mépris  typiquement serbe  et communiste  pour
le Droit,  s'en sont au contraire  d'abord pris à l'ordre constitutionnel fédéral,  abolissant de facto l'indépendance
politique de la Voïvodine,  du Monténégro  et du Kosovo,  puis les Droits du Kosovo et de la Voïvodine,  au départ
pour monopoliser le pouvoir  au niveau fédéral et ensuite,  cette première tentative  ayant échoué le 23 janvier
1990 au XIV° Congrès extraordinaire de la LCY  (pour ceux qui savent ce que c'est),  dans le but de créer une grande
Serbie par la violence de l'invasion militaire,  des massacres et des déportations forcées. 

Cette négation des Droits nationaux des autres peuples est inhérente au pseudo-nationalisme grand-serbe,  et peut
paraître naturelle à ses adeptes  comme à ses dupes. 
Il reste  que les annexions forcées  que cette négation a inspirées de 1988 à 1990 étaient parfaitement illégales
et donc nulles en Droit,  et illégales  avec elles tout ce qu'elles sont censées avoir permis,  en particulier la
Constitution de Serbie de 1990, la Constitution de la soi-disant "République Fédérale de Yougoslavie"  de 1992 et
la Constitution de Serbie de 2006. 
Alors qu'en revanche la déclaration d'indépendance  du Kosovo en octobre 1991  était pour sa part  parfaitement légale,
puisque faite  en conformité  avec  la Constitution de 1974,  alors en vigueur.

C'est pour cela que les dispositions de la Constitution de 2006  concernant le Kosovo sont NULLES en Droit :  aussi
nulles,  et aussi vaines,  qu'un amendement à la Constitution de la V° République qui décréterait que la Suisse
serait "partie intégrante du territoire français" –sans davantage  demander son avis  au peuple qui y vit depuis
l'antiquité. 

En outre,  cette négation des Droits des autres peuples  par les partisans de la Grande Serbie  traduit un AVEUGLEMENT
face aux réalités politiques  à la mesure de leur refus d'admettre les réalités morales. 
C'est pour cela que leur refus de reconnaître les Droits nationaux  inscrits dans la Constitution de 1974  s'est traduit
par l'échec de leur projet :  les violences illégales qu'ils ont commises en son nom n'ont abouti  qu'à la disparition
de la Yougoslavie,  le seul état où tous les Serbes pouvaient vivre ensemble,  et à l'indépendance,  internationalement
reconnue,  de ses "Etats" et "Communauté socio-politique" dont ces imbéciles prétendaient mensongèrement qu'ils
n'étaient que des "circonscriptions administratives",  et qu'ils ont voulu faire disparaître.  

Et ils n'ont pas été  les seuls dont  l'aveuglement politique  a finalement été réfuté  par les réalités de
l'histoire,  puisque  même la négation par le "Droit international"  des Droits nationaux des Kosovars  reconnus par
la Constitution fédérale de 1974  n'aura duré  que seize ans.